Super Héros Kim Phuc, la puissance du pardon

L’histoire de Kim Phuc c’est la puissance du pardon, la force de la vie, l’énorme force de la vie. Depuis que je l’ai découverte, j’y pense très souvent et, en creusant pour vous la présenter, j’ai pleuré tout le temps, de tristesse, puis de reconnaissance.

Il était donc une fois une petite fille, heureuse dans son village de Trang Bang, avec sa famille, ses amis, son chien. Heureuse d’être avec les siens mais grandissant dans le nord d’un pays en guerre, une région magnifique dans un pays qui l’est tout autant, le Viêt-Nam, pris dans une guerre avec les USA qui dura en tout 21 ans (1955-1976).

En ce jour de 1972, une unité américaine dirigée par le capitaine John Plummer décide de brûler le village au Napalm "sans viser les habitants".

Le résultat photographié par Nick Ut a fait le tour du monde.

Effroyablement brûlée par le napalm, Kim Phuc reste entre la vie et la mort pendant 14 mois à l’hôpital de Saïgon où elle subit 17 opérations. En dépit de ses souffrances, elle s’accroche, rentre chez elle, commence des études de médecine. En 1982, profondément touchée par le message christique, elle reçoit le baptême.

Mais dans le Viêt-Nam communiste, on n’agit pas comme on veut : le Parti lui demande de témoigner dans tout le pays contre les Américains et Kim Phuc doit arrêter ses études. Après deux ans de cette vie, n’en pouvant plus, elle est autorisée en 1986 à partir étudier à Cuba, pays communiste ami. Elle y reste sept ans, étudie la pharmacie et s’y marie en 1992 avec un compatriote. Leur voyage de noces est à Moscou mais durant l’escale de leur vol de retour, lassés de la surveillance permanente des régimes autoritaires, le couple décide de demander l’asile politique au Canada.

Établis à Toronto, Kim Phuc et son mari ont deux enfants. En 1996, lors des commémorations de la fin de la guerre du Viêt-Nam, elle donne une allocution à Washington. Elle termine son discours par ces mots : "Si je pouvais me retrouver face à l’homme qui a donné l’ordre de lancer la bombe, je lui dirais ceci : On ne peut pas changer l’histoire mais on peut essayer maintenant de faire de notre mieux pour défendre la paix".

Un homme s’approche alors d’elle et lui dit : "Je suis cet homme." Kim Phuc lui ouvre les bras et lui exprime son pardon.

Dévasté par le remords, John Plummer avait quitté l’armée le lendemain du bombardement pour se faire pasteur. Les voici sur cette photo.


Fondation créée par Kim Phuc pour soigner les enfants victimes de la guerre (plus de 6 millions ces 10 dernières années), KIM.


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